Dolmen de Feuilles (Rouet, 34)

Dolmen de Feuilles (Rouet, 34)
(photo Albert Colomer, TDR)

mardi 24 mars 2009

Compte rendu de l’excursion du dimanche 15 mars.


Lieu : région du Pic St Loup, commune de Cazevieille et de Viols en Laval.
Dolmens : dolmen de Roubiac 2, dolmen du Grand Juyan de Roubiac 1, dolmen de Cambous.


Historique de la recherche : C’est Cazalis de Fondouce qui mentionna ces dolmens pour la première fois dans son répertoire archéologique du département de l’Hérault dans les années 1900. Jean Arnal, grand archéologue de la région, les revisita cinquante ans plus tard dans le cadre de sa thèse sur les dolmens de l’Hérault. Nous lui empruntons ici la description précise qu’il a faite de ces dolmens et les plans minutieux qu’il a dessinés.

Chronologie : ces dolmens ont été construits à la fin du Néolithique par les hommes de la culture dite "de Ferrière" vers – 3000 av. J.-C.


Le dolmen de Roubiac 2

Description : « Son tumulus, fait de pierres sèches, est pratiquement rond, il fait environ 10 m de diamètre. Ce dolmen est composé d’un couloir d’accés original. En effet, légèrement arqué, il est bordé au Sud de dalles alignées, tandis qu’au Nord il s’agit de murs de pierres sèches. La chambre, légèrement descentrée vers le Nord, est de forme trapézoïdale, elle a été très déformée par la pression que le tumulus a exercée au fil des siècles. » Nous avons constaté, lors de notre visite, que les orthostates (dalles dressées verticalement tout autour de la chambre sépulcrale) se fissurent petit à petit et s’affaissent vers l’intérieur de la chambre. Le dolmen est en piteux état, mais nous soulignerons un effort de désherbage régulier du tumulus et la pose de pierres de calages sous les orthostates afin de les empécher de tomber. L’orthostate Sud, au moment où Arnal fait sa description, s’est effondré dans la chambre comme on peut le voir sur son plan du monument, elle a, depuis, été restaurée et remise en place. La dalle de couverture n’est pas conservée, on n’en a aucune trace aux abords du monument. Ce dolmen a beaucoup souffert de fouilles intempestives et ne livre pas de mobilier.

Fig. 1 : vue du couloir d’accés(dallé verticalement à droite et en murettes de pierres sèches à gauche.) et du tumulus.

Fig. 2 : Vue de la chambre sépulcrale.


Le dolmen du Grand Juyan de Roubiac 1

Toponymie : Le dolmen du grand Juyan : ce nom vient d’une déformation de l’orthographe occitane geïon qui signifie géant. On a souvent attribué la construction de ces monuments imposants à des géants, des diables, et autres êtres surnaturels. D’après la légende, ce serait la tombe d’un géant. Les dolmens sont en fait des tombes collectives (c’est à dire qu’elles abritent plusieurs défunts) d’où leurs dimenssions colossales.

Description : « C’est un monument imposant, son tumulus en pierres sèches a 15m de diamètre et est encore conservé sur 2m de haut. » Sa composition est plus complexe que le dolmen précédent. « La chambre sépulcrale appartient au type dit du « Lamalou » c’est à dire qu’elle se compose d’un couloir d’accés, d’une antichambre et d’une chambre funéraire. Le couloir fait 4 m de long et 70 cm de large et est construit en pierres sèches des deux côtés. Par deux dalles placées en travers (voir plan ) on s’introduit dans l’antichambre bordée, elle aussi de murettes particulièrement soignées. » L’une des deux dalles d’entrée est décrite par Jean Arnal comme étant taillée en porte de four mais nous n’avons pas pu faire la même constatation sur le terrain. La dalle a dû être endommagée durant les cinquante dernières années. A l’époque où Arnal fait sa thèse, la cloison entre l’antichambre est inexistante alors que sur les photos, on peut voir une dalle transversale. De même pour l’orthostate Sud qui est effondrée d’après Arnal. A l’heure actuelle, les trois dalles sont maintenues verticalement à leur place d’origine par des fers à béton et du ciment. Elles se délitent petit à petit malgrè ces restaurations. La dalle de couverture repose au bas du tumulus du côté du chemin, mais elle n’est pas entièrement conservée. Elle est en calcaire dolémitique, (selon mes amis géologues), comme tout le reste du monument.

Ce monument a lui aussi souffert de deux fouilles intempestives (les fouilleurs ont d’ailleurs laissé leur signature sur un pilier de l’entrée, nous ne l’avons pas vérifié, il faudra y retourner !). On ne connaît pas le mobilier qui a été trouvé dans ce dolmen.

Fig. 4 : vue de la chambre de l’antichambre et du couloir au fond.

Fig. 5 : la chambre sépulcrale composée de deux orthostates et de la dalle de chevet.

En résumé, pour la commune de Cazevieille, nous avons un dolmen à couloir simple et un dolmen à couloir et à antichambre. Ces deux monuments sont orientés au couchant selon Arnal « avec des variations qui montrent seulement que les préhistoriques ne disposaient pas de boussole » nous dit-il !

Il semble que les hommes qui ont construit ces deux monuments ont pris leurs matières premières sur place. L’absence de dalle de couverture en place est due à la mauvaise qualité et conservation à long terme du calcaire local lorsque les dalles sont posées à plat.

Ces dolmens font partie de la catégorie des B- dolmens, établie par Jean Arnal : leur chambre comporte des dalles alors que leur couloir est bâti en murs de pierres sèches. D’après Alain Beyneix, spécialiste des traditions funéraires néolithiques de la France méridionale, « le recours à ces constructions en murets de pierres sèches, était lié aux ressources lithologiques et à l’abscence de grandes dalles d’extraction aisée à proximité du site. ». En ce sens, le dolmen de Roubiac 2 est particulier, seulement un côté du couloir est muré, l’autre est dallé : est ce un choix esthétique/symbolique ou une contrainte lithologique ?

Le dolmen de Cambous (commune de Viols-en-Laval) :

Toponymie : cambous est également un mot occitan qui veut dire « plaines fertiles », on comprend pourquoi les hommes s’y installèrent au néolithique.

Description : Le dolmen de Cambous fait partie de la catégorie des B/C dolmens qui combine murs et dalles intercallées. Il se compose d’un couloir d’accés en pierres sèches, bordé à l’entrée de plus grosses pierres et d’une chambre sépulcrale bordée de deux murs en arc de cercle de pierres sèches et d’une dalle de chevet. Le tumulus est très mal conservé, il comporte un couloir sur tout son pourtour (voir photo). Bruno Marc, grand amateur de dolmens, appelle ce couloir « un cairn à double parement concentrique » ! Sur le côté du tumulus, on peut observer une dalle, peut être est-ce ce qui reste de la dalle de couverture.

Ce monument est de taille réduite par rapport aux deux autres de la commune de Cazevieille.

Au retour, nous passons devant le village préhistorique de Cambous, fermé à cette époque de l’année. On peut tout de même aprécier de loin l’architecture des maisons et les reconstitutions de celles-ci avec un toît de chaume.


Fig. 7 : vue du couloir et de la chambre du dolmen de Cambous.

Conclusion de l’excursion : J’avais malheureusement une carte peu précise, nous avons donc eu du mal à trouver les deux premiers dolmens qui ne sont signalés nulle part sur la route. Quelques informateurs locaux nous ont cependant guidés, mais nous avons quand même failli nous perdre dans la garrigue ! En revenant du dolmen de Cambous, nous avons eu la chance d'assister au spectacle en plein air, d’une troupe de théâtre qui se produisait ce jour-là à Viols-en-Laval. C’était Les Noces de Tchécov, notre sortie aura donc été complète sur le plan culturel. De plus, le soleil était au rendez-vous, que demander de plus ! Sinon pour en savoir plus sur la région du pic St Loup et le village préhistorique de Cambous, je vous conseille d’aller faire un tour sur le site : www.loupic.com sur lequel des archéologues de la région ont publié des articles intéressants.

mercredi 18 mars 2009


Salut,
Pour commencer ce blog, je vous mets en appétit avec cette publicité vieille de 50 ans que j'ai dénichée dans un numéro du Bulletin de la Société Préhistorique Française! Elle est de circonstance, non?